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Confinement au Népal : prise de conscience et réflexions

confinement au Népal et prise de conscience

Au début de cette crise planétaire, j’étais déjà partie depuis plusieurs mois. Expulsée du Tibet, confinée au Népal, dans cet article, que j’ai récemment retrouvé dans un carnet au fond de mon sac, je souhaite vous partager mon expérience de ce confinement et surtout les réflexions et prises de consciences que tout cela m’a apporté…

Petit compte rendu de mon périple

Tout a commencé en octobre 2019, lorsque j’ai pris la décision de partir pour un long roadtrip de plusieurs années à travers le monde, dont la première étape consistait à retourner en Inde 10 ans plus tard sans prendre l’avion. Parmi les différents itinéraires possibles, j’avais choisi de passer par le sud de l’Europe et la méditerranée, de suivre la mythique route de la soie jusqu’en Chine, et d’enfin traverser l’Himalaya via le Tibet et le Népal pour rejoindre l’Inde.

Au moment de l’arrivée du Covid-19, je me trouvais donc en Chine après des mois de voyage depuis la Belgique. Quelle ne fut finalement pas ma surprise de me retrouver bloquée au beau milieu du Tibet, à seulement quelques heures de la frontière népalaise, sous l’ordre du gouvernement chinois. En l’espace de quelques heures à peine, le pays s’est totalement fermé. Des touristes accompagnés de milliers de familles tibétaines et chinoises se sont retrouvés pris au piège et contraints de retourner à Lhassa. Trimballé pendant une dizaine d’heures en plein plateau himalayen, notre groupe s’est retrouvé coincé au milieu du plus grand embouteillage que je n’aurais jamais pu imaginer de toute ma vie !

Compte tenu du fait que mon visa allait de toute façon expirer, et surtout en raison de l’épidémie et du risque de me faire placer en quarantaine… Retourner du côté chinois n’était dans mon cas tout simplement pas envisageable. 

De la déception à la gratitude

N’ayant à l’époque aucune idée de l’ampleur que toute cette histoire allait prendre, je me suis d’abord sentie très déçue. Le fait d’avoir perdu pas mal d’argent, mais surtout de ne pas avoir pu atteindre mon objectif à seulement quelques pas de la frontière représentait pour moi une grande déception. Puis très vite, me rendant compte de la stupidité de ma réaction, je me suis mise à relativiser sur l’impermanence des choses (comme disent les bouddhistes 😊) et je suis finalement encore une fois de plus arrivée à la conclusion que nous ne pouvons pas tout contrôler, et que cela fait aussi partie du voyage de la vie. 

J’ai donc pris conscience que non seulement j’avais vécu une magnifique expérience et que j’étais tout de même arrivée jusque-là indemne, et surtout que j’avais eu la chance d’être expulsée de Chine juste à temps pour ne pas me retrouver privée d’entrer dans la plupart des pays du monde. Puis enfin, coup du destin ou bon choix, j’ai décidé de prolonger mon visa au Népal peu de temps avant le début du confinement, me retrouvant ainsi coincée dans l’un des meilleurs endroits du monde où se trouver à ce moment-là. Cet événement a été encore une fois de plus pour moi l’occasion de réaliser la chance que j’ai eue jusqu’à présent dans ma vie et je me suis sentie emplie de gratitude. 

Ma vision du confinement au Népal et de ses injustices

Selon moi, le confinement a été un grand révélateur d’injustices, mais aussi une source de prise de conscience mondiale à différents niveaux. Durant cette crise, les humains ont évolué dans différents environnements : à la campagne ou entassée en ville, la perception est loin d’avoir été la même pour tout le monde.

Il y en a certains (ceux dont je fais partie) qui ont pu profiter de cette période pour se ressourcer, se détendre et effectuer un grand travail intérieur, donnant lieu à différentes prises de conscience : personnelles, spirituelles, écologiques, humanistes… Il y a ceux qui ont continué à travailler dans des conditions pas toujours évidentes, éprouvant ainsi un certain sentiment d’injustice. Ceux qui ont vu leur entreprise s’effondrer, se retrouver totalement endettés ou dans la précarité la plus complète, et encore ceux qui se sont tout simplement retrouvés à mourir de faim, faute d’aide. Tout cela a fait une fois de plus la lumière sur les diverses injustices qui règnent dans ce monde. 

D’après mon expérience, ici au Népal, le confinement a été un véritable fiasco, entraînant bien plus de misère, de suicides et de mort de par sa mise en œuvre que le virus en lui-même.

Prise de conscience sur le partage et l’accomplissement

« Soyons le changement que nous souhaitons voir se réaliser à travers le monde. »

Gandhi

Durant cette crise, j’ai traversé différents niveaux d’émotions en passant par la colère, l’indignation, la culpabilité et la gratitude jusqu’à la compassion la plus profonde. Et j’ai fini par me dire qu’il était plus que temps d’utiliser ces énergies et de les transformer si nécessaire, afin de les rendre utiles !

C’est ainsi qu’avec un petit groupe, nous avons eu l’idée de créer un projet d’aide spontané. Grâce au financement d’une association dans le sud de l’Inde et d’un ami népalais qui connaît bien le terrain, nous avons pu distribuer des colis alimentaires à plusieurs dizaines de familles.

Ce projet m’a beaucoup apporté, car d’une part, je me suis rendue compte que ce n’était pas si compliqué à réaliser et à la portée de nombreux d’entre nous, et que d’autre part, cela m’avait permis d’investir et de reconnecter mon énergie à l’une des choses les plus importantes qui soit à mes yeux : LE PARTAGE.

Oser vivre en pleine conscience pour contribuer au monde qui nous entoure

C’est d’ailleurs à la même période, que je me suis enfin décidée à créer ce blog, afin de partager mes expériences et découvertes et surtout pour inspirer et accompagner les gens à trouver leur voie, à oser vivre pleinement leur vie et ainsi devenir participant de changements positifs et participatifs. 

Car ils sont nombreux ceux qui aspirent à changer personnellement et à se rendre utiles au monde qui les entoure. Nombreux sont-ils à vouloir agir au nom de l’amour, du partage et du respect des autres et d’eux-mêmes. De plus en plus nombreux sont-ils à se rendre compte que cela ne sert à rien d’attendre que ces changements arrivent d’on ne sait pas où exactement… Et nombreux sont-ils à oser vivre pleinement et en pleine conscience de qui ils sont, au service de leurs valeurs et des autres. 

Je souhaite conclure par une légende amérindienne racontée par Pierre Rabhi (fondateur du mouvement colibri) :

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. 

Après un moment, le tabou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : “ Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes que tu vas éteindre le feu !  » Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part ». »

Je vous remercie d’avoir lu mon article et vous invite à laisser un commentaire.

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2 Commentaires

  • Reply
    Alain Richard
    24 mars 2021 at 22:42

    Quelle belle lumière que ton message, Amandine.
    Cela me donne du courage dans ces temps de changement que seuls les individus que nous sommes pourront accueillir, accomplir, réaliser, si nous y croyons, comme un aveugle peut croire en l’humanité. Le navire continue à avancer avec ou sans pilote. Nous sommes là (ou non) pour le conduire sur un bon chemin plutôt que de le laisser foncer vers la falaise comme ce virus nous le fait voir plus clairement encore.
    Je suis aveugle et attends le remède pour retrouver la vue.
    Bon courage à toi et Ceux qui t’accompagnent sur cette planète
    dans le projet humanité qui nous appelle tous et toutes.

  • Reply
    Clémence Davos
    27 janvier 2021 at 14:24

    Hello Amandine, tu écris vraiment très bien .
    Je suis heureuse de te savoir en bonne santé !
    Combien de temps ton visa te permet-il de rester encore au Népal ? Est-ce qu’il y a beaucoup de cas de Covid là-bas, et comme tu le dis en effet, malheureusement le confinement a accru les inégalités et plongé encore plus de gens dans la précarité et la dépression …
    Prends bien soin de toi, j’ai hâte de lire tes prochains articles!

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